Les sondages se trompent-ils ?
Sondages vs urnes : le bilan factuel des trois dernières présidentielles
À la veille du vote, ils tombent souvent juste. Le problème, c'est ce qu'on leur fait dire des mois avant.
2017 et 2022 : plutôt fiables au 1er tour
À la veille du vote, les moyennes de sondages tombent le plus souvent à un ou deux points du résultat, c'est-à-dire dans la marge d'erreur qu'elles annoncent elles-mêmes.
Le raté de 2022 n'est pas le podium mais la dernière ligne droite : le « vote utile » a déplacé plusieurs points dans les derniers jours, alors que la loi interdit de publier de nouveaux sondages la veille et le jour du scrutin.
2002 : le cas d'école
Le Pen était crédité de 11 à 14 % ; il a obtenu 16,9 %, et Jospin a manqué le 2nd tour pour 0,7 point. Deux causes : une partie de l'électorat ne déclarait pas son vote aux enquêteurs, et dans les derniers sondages l'écart entre Jospin et Le Pen tenait déjà dans la marge d'erreur. Presque personne ne l'avait relevé. Depuis, les instituts redressent leurs chiffres à partir des votes passés.
Loin du vote : une photo, pas un film
À l'été 2016, les sondages testaient un second tour entre Juppé et Hollande. Aucun des deux n'a été candidat. En 2021, Zemmour est monté jusqu'à 15 % environ avant de finir à 7 %.
Ces chiffres n'étaient pas faux : ils mesuraient l'opinion du moment, et l'opinion a changé. Un sondage à plusieurs mois du vote décrit le présent, jamais l'avenir.
Ce qu'il faut retenir
À la veille du vote, les moyennes tombent en général dans leur marge d'erreur.
Les gros ratés s'expliquent : mouvements de toute fin de campagne, et en 2002 la sous-déclaration. Pas de manipulation des instituts.
Loin du scrutin, regardez la tendance plutôt que le chiffre du jour. C'est ce que Pouls affiche : la moyenne, la marge, l'évolution.
Voir la méthodologie de Pouls →
Fourchettes : derniers sondages publiés avant chaque scrutin (arrondies). Résultats : ministère de l'Intérieur, 1er tour.